Billet

La Murène dans tous ses Etats

 

Le silence ne se fait pas, et pourtant les heures passent : la maison se remplit de bruits, dont j’ignore, pour la plupart, la provenance : toile vierge que le citadin qui exprime alors des angoisses viscérales, des inquiétudes stupides. La nature primale est en nous qui sommeille et se réveille enfin : inquiétant parfum. Qu’est-ce donc en réalité ? Probablement un insecte géant, ou bien un rongeur miniature, qui s’active dans une pièce voisine. L’inexpérience ne permet pas de trancher.
 

Plus inquiétant : dans le lit, c’est une murène qui s’est endormie, vraisemblablement tranquille, pensant être victime, voyant le monde par la lucarne crasseuse d’un Ego surdimensionné, sur fond d’excuses – « je souffre, je souffre, je souffre » – qui justifient toutes les dérives. N’est-ce pas la raison première des crimes passionnels, la souffrance ? Passons.
 

Battement d’ailes ou petites pattes qui galopent, frénétiques : c’est la seule réalité tangible qui retient mon attention pour éviter que la colère et l’écœurement cèdent place à l’indifférence. Il semblerait que la quiétude soit impossible à quérir.
 

L’absence de permis B, sésame des vies sociales réussies, me condamne à rester dans cette situation maudite et demain, j’y mettrai ma main à couper, la murène se fera hippocampe, lové comme un chat amoureux, un chat langoureux. Ne sois pas fou cette fois, mon ami : n’y vois que crevette dans une sauce piquante.
 

220614.1

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Yann O'Neam
août 14th, 2014 at 9:19

Alors, finalement, la murène, elle peut changer, muer, muter, ou non ?

Bonnes journées à toi, je m’absente quelques temps … pour mieux revenir, comme un boomerang 😀

août 14th, 2014 at 10:24

Oui, curieusement. C’est un peu comme dans certains Disney : un coup de baguette magique et le grand méchant devient un petit agneau qui rentre dans le choeur et chante des petites chansons d’amour sémillantes avec une voix de castra ^^ Bien sûr, c’est hyperbolique, on est pas dans un Disney mais dans la réalité, c’est plus une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde.
Profite bien !

Mister Freak
juillet 23rd, 2017 at 8:57

On ne devrait jamais être esclave de bestiole comme ça. Je sais, facile à dire. Mais j’ai connu une créature au moins aussi toxique. Fais juste attention à toi et à ne pas perdre ta lumière. Affectueusement.

juillet 23rd, 2017 at 11:30

La lumière et l’obscurité, il y a toujours eu cette balance entre les deux, balance qui me semble nécessaire, mais il en va de même dans l’histoire (par exemple le siècle des lumières est aussi celui de l’ésotérisme, à la littérature pour le progrès de l’humanité s’opposait celle du vice). Je crois que j’ai toujours navigué entre les deux et continuerait de le faire, en penchant toujours d’un côté, espérant ne pas trop pencher, même du côté de la lumière. De même qu’Icare, elle pourrait brûler mes ailes.

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